La commercialisation des récepteurs "grand public" utilisant le principe de l'amplification directe a été assez brève (de 1928 à 1934). Ce type de récepteur fut rapidement supplanté par le "superhétérodyne".   Certains de ces appareils sont recherchés par les collectionneurs pour l'esthétique typique des années 1930. En particulier la marque PHILIPS... PRINCIPE DE L’AMPLIFICATION DIRECTE   Le principe de ces récepteurs est simple : amplification Haute Fréquence + Détection + amplification Basse Fréquence.   Le schéma ci-dessous donne la structure d'un tel récepteur (seuls sont représentés les composants caractéristiques du montage). Les condensateurs d'accord sont couplés sur le même axe pour une commande unique. Le nombre de circuits accordés varie de deux (le plus souvent) à quatre sur les récepteurs haut de gamme. L'apparition de lampes "à grille écran" (tétrodes et penthodes) permet d'obtenir un gain très important en Haute Fréquence. INCONVENIENTS  DE  L’AMPLIFICATION DIRECTE   1 - Construction délicate.    Nécessité de blindages entre les divers étages pour éviter les risques “d’accrochages” (production d’oscillations). Ces accrochages sont d'autant plus à redouter que les circuits d'accord Haute Fréquence travaillent tous sur la même fréquence .   L'imposant blindage des bobines d’accord du PHILIPS 834.   La disposition à angle droit des bobines est encore une précaution pour éviter le couplage des deux circuits.   Blindage aussi des têtes de lampes et du corps des lampes par la peinture dorée qui est conductrice.   Blindage sous le chassis des deux condensateurs d'accord.   Des cloisons métalliques séparent les composants de chacun des deux étages Haute Fréquence 2 - Problème de sélectivité :   Il est impossible d'obtenir une bonne sélectivité tout au long d'une gamme de fréquence. Le rôle des circuits accordés n'est pas de sélectionner une seule fréquence particulière mais une bande de fréquence, large de 9 kHz, autour de la fréquence de l'onde porteuse de l'émetteur (fo).  * une bande passante trop étroite permet de bien séparer les émetteurs mais altère la qualité sonore.  * une bande passante trop large favorise la qualité du son, mais n'offre plus assez de sélectivité pour séparer les divers émetteurs.   Une "bande passante" parfaite, telle que celle représentée ci-contre, est difficile à obtenir et il est quasiment impossible de la conserver en faisant varier la fréquence centrale fo. AVANTAGE DE L’AMPLIFICATION DIRECTE  - Simplicité de réglage pour l’utilisateur, par comparaison aux postes “à réaction”.    - Pureté du son, par comparaison avec les montages "superhétérodynes" qui n'étaient pas encore au point vers 1930, mais cet avantage va rapidement disparaître, et condamner définitivement ce type de récepteurs.   Le nombre limité des circuits accordés rendaient ces postes peu sélectifs. Un émetteur local puissant pouvait brouiller toute une gamme de fréquence. On utilisait parfois un filtre “réjecteur” pour éliminer cet émetteur local et écouter une autre station.   Circuit réjecteur présent sur le panneau arrière de certains récepteurs PHILIPS pour affaiblir un émetteur local gênant. Filtre réjecteur à placer entre l’antenne et le récepteur Modèle : PHILIPS 4180.   Un des derniers récepteurs à amplification directe de la marque PHILIPS. Type 636 (année 1933) Très belle réalisation : 4 circuits accordés, contrôle automatique de sensiblilité (CAG), réglage silencieux entre les stations LITTERATURE...    Après une courte lutte des derniers défenseurs de cette formule, l'amplification directe laisse la place au superhétérodyne.On trouvera cependant quelques montages économiques à amplification directe jusqu'en 1940. Dernier plaidoyer d’un partisan de l’amplification directe :  Extait d'un numéro de TOUTE LA RADIO de 1934 (page 267). ... l'atout principal de l'amplification directe, c'est quelle ne comporte qu'une seule détection, agissant sur des signaux déja trés puissants. Or on sait de mieux en mieux que la grande coupable des altérations de la musique, c'est la détection et la première détection (ou modulation) du super qui travaille dans des conditions particulièrement défavorables.   Le rôle de cette modulation est de mélanger des courants ? Eh ! Elle ne s'en prive pas ! A la porteuse et la la fondamentale de l'oscillation locale, elle mélange tout ce qu'elle trouve : les ronflements de l'alimentation, les oscillations qui passent outre la présélection, les harmoniques de l'oscillateur, ceux (qu'elle fabrique) des émissions reçues, les parasites, les irrégularités d'émissions électroniques, les crépitements des filaments, les retours de basse fréquence de l'alimentation, que sais-je ?  ... la technique récente a beaucoup amélioré la situation, mais non définitivement. Il reste que des sifflements, du "souffle", un tissu de petites imperfections, composent le fond de la réception des superhétérodynes courants. Le récepteur à amplification directe échappe, pour une bonne part, à ces défauts.  Et voila pourquoi nous présentons le "Direct" TR 85 ... (signé B. PIERRE)  Réponse sans ménagements (dans le même numéro, page 289) : ... La technique radio électrique n'est pas immuable, et, si l'on peut être en retard sur elle - certains nous en donnent d'affligeantes preuves - on peut aussi être en avance.... Il va de soi qu'un poste juste-milieu implique,..., une sélectivité poussée : ce sera un superhétérodyne.... (signé : Ray SARVA) Page d’entrée  Philips 834  (1933)                       Philips 720 (1932) + HP 2109                       Philips 830 (1932)